" Les lointains si bleus ", c'est le titre d'une chanson de Julos
Beaucarne. Ce sera bientôt le nom de l'association que Patricia
Martinez va créer. Cette femme, de bonne volonté,
éveille les enfants handicapés à la musique,
avec des résultats probants.
" les lointains si bleus ", c'est le titre d'une chanson de Julos Beaucarne. Où il est question du bleu des yeux, de regards si lointains, si bleus, conjugués au fil des strophes à l'amour d'une femme, voyageuse, un peu fée, légendaire… Patricia Martinez aime beaucoup cette chanson de Julos Beaucarne, dont elle chante les couplets poétiques aux enfants. Patricia et julos se sont découverts une réelle amitié, partagée.
Elle, c'est la dame qui tient un magasin de chaussures pour enfants rue Ventefol et qui, bénévolement, offre un éveil musical à des enfants handicapés. Lui, c'est un chanteur Belge, plus doux que doux, plus poétique que poétique.
Dernièrement, Patricia a écrit à Julos, pour lui demander si elle pouvait utiliser le titre " les lointains si bleus " comme nom de son association. Ainsi donc, d'inscrits à la sacem, ces quelques mots si jolis, le seront bientôt au journal officiel…
Anne, Nicolas et Dominique à l'aide
:
Patricia officie depuis longtemps - 1992 exactement - pour la bonne
cause : celle des enfants autistes de saint Paul en Jarez. Avec sa
guitare, ses arpèges, son sourire, ses yeux marrons profonds,
ses chansons, elle tente d'éveiller les enfants qui souffre
d'un handicap lourd, à la musique. Pour leur plaisir, pour
leurs sourires…
Et ça fonctionne admirablement entre Patricia et les
mômes. A tels point que certains parents viennent consulter la
dame brune dans son magasin, lui demander de s'occuper de leurs
enfants. Et Patricia reçoit comme ça Rémi,
Laurianne et d'autres, une fois par semaine.
Au fil des ans, le travail qu'a fait Patricia avec les enfants est
devenu de plus en plus intéressant , de plus en plus probant.
" Je ne peux plus continuer seule ! " lance-t-elle.
Alors Anne, Nicolas et Dominique s'y sont mis eux aussi… Patricia "
la star des enfants autistes " a fait des émules.
Une association va très bientôt voir le jour…
Une raison de vivre
Pour Rémi, la musique c'est une raison de vivre. Patricia n'en
fera pas un musicien. Elle lui offrira juste un loisir qu'il aime et
qu'il peut pratiquer sans difficultés. Un arc en ciel, un coin
de bonheur…
Elle possède des petits cahiers sur lesquels, elle note tout
ce qu'elle fait. Avec sa guitare et ses chansons, elle tente
d'éveiller les enfants qui souffre d'un handicap lourd. Elle
les aime Patricia ces enfants, qui ne réagissent pas comme les
autres. Elle les aime et c'est pourquoi le courant passe très
bien.
Si bien que le temps qu'elle leur consacre, un jour ou l'autre est
payant pour l'enfant. " Rémi s'est réveillé,
dit-elle d'un gosse dont elle s'occupe. Il a l'oreille parfaite. Je
vais essayer d'adapter un logiciel pour qu'il puisse faire de la
création de partitions ".
Patricia, malgré son optimisme, sa poésie, ses arcs en
ciel à la Julos Beaucarne qui sortent de sa guitare est une
femme lucide. Rien n'est jamais rose quand on s'occupe d'enfants
handicapés. On avance, certes, mais lentement, si
lentement…
Pas de temps à perdre
" On n'est pas des pros, dit Patricia Martinez, on ne va pas donner
de faux-espoirs aux familles, mais simplement offrir des loisirs
à leurs enfants handicapés, c'est déjà
très important. La musique en est un qui passe très
bien. Lorsque les gens ont des problèmes de communication, on
observe qu'ils ont l'oreille musicale et cette faculté plus
développée. La musique est un fabuleux moyen
d'évasion. A travers elle, on fait travailler le cerveau de
manière ludique. Quand un enfant peu chanter, c'est encore
plus fort. Souvent les enfants handicapés osent plus chanter
que parler et le chant est un fabuleux moyen d'expression… "
Patricia a des convictions, ses convictions… " il ne faut pas perdre
de temps et faire en sorte que l'enfant soit heureux " lance-t-elle.
Elle fonctionne depuis 1992 avec l'école des colibris, les
enfants dont elle s'occupait au début sont grands maintenant.
" Les enfants grandissent et on ne va pas les exclure, maintenant,
ceux dont on s'est occupé. On ne va pas non plus en faire des
musiciens… " poursuit-elle.
Alors, c'est pour cela qu'une association se créé et
que quatre intervenants plutôt qu'une, vont désormais
prendre les choses en main. " Pour Rémi, dit Patricia, la
musique est une raison de vivre ". On comprend toute l'urgence de
cette mission.
Des motivations, des statuts
" Et pour Claudine, Laurianne, Rémi, Christophe, Yannis,
Justine, Bryan, Yohann, Medhi, Mouloud, léa, tous ces petits
si différents qui ont été sur mon chemin, pour
eux et avec eux je ferai de la musique.
Je les emmènerai dans les lointains si bleus, avec tous les
fondateurs de cette association et avec tous ceux qui nous aiderons
au hasard des rencontres.
Nous sommes au début de l'année 1999, l'aventure de la
naissance des lointains si bleus, je la vis comme un conte de
Noël, pour sortir tous ces petits des lointains obscurs, par la
douceur de toutes les musiques ou par des mots tendres … " Ainsi
s'exprime Patricia Martinez, dans le press-book de sa future
association.
L'article 1, concernant les statuts de cette association, stipule que
l'objet social de celle-ci est de " venir en aide par des pratiques
basées sur l'éveil musical à toute personne en
difficulté, et de conférer un statuts à des
intervenants, jusqu'alors bénévoles et amateurs de
l'éveil musical, auprès des personnes en
difficultés… "
Article de Nicole Dupain. - La Tribune le Progrès, le 13 Janvier 1999